Et si le handball commençait à 5 ans… Force est de constater que nous proposons une pratique aux 5-8 ans, qui a le mérite d’exister mais qui n’a pas bouger depuis de nombreuses années, alors que semble-t-il les populations évoluent. Les enfants d’hier sont-ils encore les enfants d’aujourd’hui? L’école et l’E.P.S. permettent-ils encore à l’enfant d’acquérir une formation motrice de base, alors que l’athlétisme est de moins en moins pratiqué?
Quel est le rapport entre ce questionnement, l’école de handball et la formation du jeune arbitre? Nous pensons, que la pratique de masse et ludique visant à la fidélisation d’un maximum d’enfants n’a pas forcément les bénéfices escomptés sur le moyen terme et qu’elle pourrait peut être mieux préparer l’enfant à la pratique compétitive qui l’attend dès les catégories supérieures. En d’autres termes, pourrions-nous optimiser un peu cette période de 4 ans, tout en gardant les visées fédérales? Nous pensons que les enfants de 4-5 ans sont en mesure de pratiquer une forme de handball qui leur appartient avec des règles aménagées et donc un « match » très rapidement… En réalité, nous faisons plus que le penser car nous le voyons chaque semaine. Nous essayons de former en parallèle les enfants aux règles et au jeu, en tâchant de garder une visée très progressive.  Nous vous proposons dans cet article,  ce qui pourrait peut être ce faire en école de handball petit pour former parallèlement le joueur et le jeune arbitre.Il vous fera garder à l’esprit que nous n’avons même pas une année de recul, et que nous sommes encore dans le tâtonnement alors chaque élément sera à prendre avec des pincettes…
CE QUI EST SOUVENT RÉALISÉ

En école de handball petits, la vision fédérale s’articule autour de 3 espaces : « aisance corporelle », « duels » et « confrontation collective ». Globalement, elle s’appuie autour d’un aspect ludique et d’histoires permettant de faire rentrer l’enfant par l’imaginaire dans l’activité, à lui faire acquérir des savoir-faire individuels et collectifs devant lui permettre de pouvoir jouer en école de handball grand, des matchs. Les points règlementaires sont intégrés progressivement au fil des situations, ce qui a fait émerger deux questions pour nous :
  • la règle est-elle suffisamment répétée pour être acquise et comprise par l’enfant ?
  • l’enfant fait-il le parallèle entre la manipulation de la noix de coco dans un jeu et celle des planètes dans un autre?
Pour nous, la répétition de la règle peut être suffisante de par la répétition des espaces, amenant souvent l’enfant à vivre les mêmes éléments. Malgré tout, nous pensons que la diversité des règles ne permet pas forcément un apprentissage optimal, alors que l’enfant cherche déjà à maîtriser son corps et la balle, cela risque d’être complexe.
L’entrée par l’histoire semble être intéressante avec les plus jeunes, mais pas longtemps, car les enfants une fois qu’ils maîtrisent la balle souhaiteraient que nous leur parlions « handball ». Nous tenons à relativiser cette vision, car elle peut aussi découler de notre vision de l’enfant que nous transmettons peut être inconsciemment : « l’enfant veut être grand et cherche à apprendre pour le devenir ».  De plus, les histoires ne correspondent plus forcément à l’univers des enfants, mais c’est un autre débat.
Par conséquent, la pratique « premier pas » vise à initier les enfants aux différents aspects du jeu, sans forcément se soucier de l’aspect règlementaire, vu qu’au final à cet âge les joueurs ne sont pas prêts pour faire des matchs, ou seulement après une année de pratique.
Cette croyance limitante d’un adulte posant ses yeux sur les capacités de l’enfant est une énorme problématique pour nous et pas que pour l’enfant. En effet, nous reprenons souvent Bigrel qui a toujours clamé qu’une activité sportive n’existe pas. Elle est le résultat des productions des protagonistes dans le cadre réglementaire de celle-ci. Alors pourquoi, les enfants de 4-5 ans ne pourraient-ils pas faire leur « handball »?
L’ASPECT RÈGLEMENTAIRE ET LES PROBLÉMATIQUES RELATIVES À LA PRATIQUE

La première problématique que va rencontrer l’enfant est liée à la balle (règle 3), objet qu’il va devoir maîtriser, or à ce sujet pour les écoles de handball il n’y a pas vraiment de règles :
Commentaire : Les exigences techniques relatives aux ballons à utiliser dans toutes les rencontres internationales officielles sont reprises dans le « Règlement du ballon de l’IHF ». Les dimensions et le poids des ballons à utiliser pour le « mini-handball » ne sont pas définis dans ces règles de jeu.
Nous pensons pourtant qu’une grande partie de la réussite des enfants, quant au fait de faire des matchs, se joue sur ce point. Il existerait donc pour nous une corrélation importante entre les règles 3 et 7 relative à la « manipulation de la balle ».. Nous vous proposons une analyse de terrain des ballons que nous avons pu essayer, leurs avantages et inconvénients :
premier pas officiel:rebondit ,ballon minihand:précédents et si gonflé

Avantages et inconvénients des ballons proposés sur le marché

Une fois cette analyse réalisée, il est plus facile de savoir quand utiliser les différents ballons à des fins pédagogiques. Pour notre part, nous utilisons plutôt en école de handball petit, les deux premiers pour le moment. Le ballon « softcell » dans tous les jeux où le dribble n’est pas nécessaire, car il permet aux enfants de jouer plus facilement en passes. Nous avons fait un test en faisant jouer les enfants avec ce ballon et un premier pas officiel lors d’un match et le nombre de pertes de balle et la qualité du jeu étaient lourdement supérieurs avec le deuxième ballon. Après, nous utilisons le ballon premier pas officiel lorsque nous faisons travailler aux enfants le dribble, ce qui peut paraître paradoxal, quant vous voyez notre évaluation de ces inconvénients. Nous avons fait ce choix pour deux raisons majeures :
  • il présente l’intérêt de demander une dissociation importante des membres inférieurs et supérieurs quant aux rythmes : si l’enfant court vite et va aussi vite pour dribbler ou « taper » la balle il ne pourra pas maîtriser ce ballon,
  • nous cherchons une gestuelle de lancer la plus juste possible, or ce ballon présente l’intérêt indéniable d’être très simple à tenir.
Vous l’aurez bien compris, chaque ballon présente des avantages et des inconvénients qu’il est possible d’utiliser dans vos séances. Vous pouvez aussi jouer sur la manière de gonfler la balle selon vos objectifs.
Les deux ballons utilisés vont l’être en parallèle de la mise en place des règles et de notre logique de formation pour cette catégorie. Pour la résumer, nous partageons les mêmes visées que la fédération mais, nous mettons l’accent sur la relation passeur réceptionneur et donc la décontraction de la balle, ou plutôt nous essayons d’amener l’enfant à ne pas « couver » la balle. En d’autre terme, nous cherchons très rapidement à empêcher le porteur de balle de se recroqueviller sur la balle quand des joueurs arrivent vers lui. Nous utilisons pour se faire un point règlementaire, mais nous y reviendrons par la suite.
La deuxième problématique est relative à la mise en place du règlement propre au match. Pour pratiquer le handball, il existe 18 points, mais comment les hiérarchiser dans le temps afin que l’enfant puisse les apprendre et y mette du sens, mais aussi puisse jouer rapidement.
Nous allons fonctionner pour cette réflexion à l’envers en tâchant de lister les comportements « déviants » relative à certaine règle de manipulation de la balle et tâcherons de montrer en quoi introduire certaines règles ou pas peut avoir des effets presque néfastes sur ce que nous attendons de la formation à cet âge. Attention, cela correspond à notre conception et ceci est donc à prendre en guise de réflexion, l’important semblant d’avoir un fil conducteur.
Dans le cadre de la manipulation de la balle, il est coutume de mettre en place les règles suivantes :
 
7.1 Lancer, saisir, arrêter, pousser ou frapper le ballon à l’aide des mains (ouvertes ou fermées), des bras, de la tête, du tronc, des cuisses et des genoux.
7.3 Faire 3 pas au maximum avec le ballon.
7.8 Toucher le ballon avec un pied ou la jambe (en dessous du genou), sauf lorsque le ballon a été lancé par un joueur adverse.
Une règle est souvent peu ou pas utilisée :
7.2 Garder le ballon au maximum 3 secondes, même s’il est par terre.
Comme vous vous en doutez nous n’irons pas dans ce sens et ce pour des raisons que nous allons tâcher de vous évoquer, par le biais de ce tableau synthétisant nos observations :
  • 7.3:il les réalise;
  • 7.8:courent; l’adversaire ne la ramasse;
  • 7.2;cette régle est faite respecter.

Synthèse de la mise en place des règles relative à la manipulation de la balle

ESSAI DE RÉPONSE

Cette tentative de réponse débouchant des réflexions précédentes est à l’essai depuis cette saison et semble porter ces fruits, puisque les enfants jouent et que les parents sont plutôt heureux que leurs enfants fassent déjà des matchs… Nous avions tendance à remarquer qu’une problématique à cet âge était l’incompréhension des parents quant au fait que leurs enfants de 5-6 ans aient du mal à se déplacer avec la balle et jouer, ce qui avait tendance à moyen terme de diminuer la confiance en eux , alors que pour nous éducateurs, cela paraissait presque normal : les enfants devaient apprendre à gérer leur corps et la balle avant de pouvoir s’adonner pleinement au match.
manque 02:temps de jeudependant des;09:se baser;13:nous souhaitons que les enfants…;15:remise
Voici l’adaptation du règlement que nous proposons :

Il est important que progressivement les enfants s’approprient les règles, l’éducateur au final étant surtout là pour s’assurer que les enfants ne gardent pas la balle plus de 3 secondes. Rapidement, les enfants deviennent des « joueurs-arbitres », pour cela nous fonctionnons de deux manières, qui sont sensiblement identiques quand à la visée :
  • l’éducateur siffle une faute, pour pouvoir la récupérer l’équipe qui ne l’a pas faite doit la nommer, si il y a erreur, alors l’équipe fautive a une chance de la nommer pour garder le ballon,
  • l’éducateur siffle une faute, le joueur fautif nomme la faute commise, mais la perd.
Dans les deux cas, il est demandé aux enfants de poser la balle au sol systématiquement quand il y a un coup de sifflet. De cette manière les enfants apprennent à respecter les coups de sifflet, et sont initiés à l’arbitrage pendant le jeu.