DÉFINITION / LOGIQUE ET INTENTIONS
L’élan est caractérisé au handball par le fait d’utiliser des appuis, au maximum 3, voir initialement le dribble pour prendre de la vitesse.
Le saut est un savoir-faire fondamental que l’enfant doit acquérir pour faciliter son duel avec le gardien. Il peut se faire sur le bon ou le mauvais pied d’appel.Il est précédé d’un nombre d’appuis variables. Nous parlons alors de tir en suspension.
Le saut doit permettre à l’enfant de diminuer la distance qui le sépare du but, mais reste surtout un problème pour lui, car il le contraint à associer deux savoir-faire : le tir et le saut. Rapidement cette intention devra être couplée avec l’envie de provoquer un déséquilibre chez le gardien en le faisant se déplacer.L’impulsion aura un rôle fondamental dans ce cadre pour orienter la suspension loin du gardien de but.

PROBLÈMES FONDAMENTAUX : CONTRAINTES ET EXIGENCES
Nous pouvons distinguer 4 moments lors du saut, qui vont faire émerger des problématiques différentes chez l’enfant :
Le saut

Le saut

Les moments du saut et des exemples de variables
  • l’élan :
Il est caractérisé par le déplacement que va faire l’enfant, à partir du moment où il va attraper la balle jusqu’au moment où il posera son dernier appui avant le saut.
Le dribble est l’une des possibilités, mais pour nous, il ne caractérise pas vraiment un élément prépondérant à l’élan. En effet au fur et à mesure des catégories, il est amené à disparaître au profit du jeu sans ballon. De plus, son utilisation chez l’expert est plus axée sur la recherche de déséquilibre du défenseur, en dribblant devant lui avec un rebond bas ou sur un côté pour l’amener à se déplacer.
Les appuis restent donc la source d’élan qu’il est fondamental de travailler chez l’enfant.
Deux axes émergent et posent des problèmes chez l’enfant :
    • la vitesse :
L’élan doit préparer à un appel puissant. La vitesse doit donc être accentuée avant le dernier appui. Néanmoins, une vitesse trop importante nuira à l’orientation de l’impulsion vers le haut.  Il va donc s’agir de rechercher une vitesse optimale en relation avec les qualités physiques de l’enfant à un moment donné.
    • la précision :
La précision peut prendre deux acceptations dans ce cadre. Il s’agit d’être précis sur le rythme lors de l’élan, afin de favoriser la transmission de puissance lors de l’impulsion.
Le deuxième point portera sur la gestion des 3 derniers appuis et notamment de leur écart, afin d’amener l’axe du corps vers l’arrière.
A priori, si nous nous référons au haut niveau, il serait préférable de réaliser un grand appui, puis deux rapprochés, pour provoquer un retard du haut du corps et faciliter l’impulsion. Nous avons pu réaliser, il y a de ça, quelques années sur les appuis et leur influence sur le saut, afin de vérifier si ce principe était respecté chez les enfants, dont voici une courte présentation :

Nous n’avons pas constater de différence. Notre principale hypothèse est le manque de musculature de l’enfant ou encore l’automatisation

Pour rester dans la logique de l’activité, nous ajouterons que l’élan est aussi un moment préparatoire au tir, intention que l’enfant n’a jamais naturellement, notamment à travers la préparation de la balle pour être lancée.
  • l’impulsion :
C’est le moment où le dernier appui est posé et où la jambe pousse afin de faire décoller le corps du sol. Elle correspond à une déviation de la trajectoire à travers le passage d’une vitesse horizontale à une à la fois ,verticale et horizontale.
Deux axes sont sources de problèmes :
    • l’orientation vers l’avant et le haut de l’impulsion terminale,
    • le passage de l’axe du corps (pied/bassin/épaule) qui passe de l’arrière vers le haut et l’avant légèrement,
    • l’utilisation des segments libres pour aider au saut.

 

  • la suspension :
Elle représente le moment où le corps est en l’air et se termine à la réception.
Le problème posé par ce moment sont :
    • comment organiser son corps en l’air pour prendre des informations sur le gardien de but tout en étant prêt à tirer.
    • comment lancer en l’air en respectant des intentions.
cf photo
  • la réception :
Souvent délaissée dans l’apprentissage, la réception est pourtant une action qui doit être faite en toute sécurité afin d’éviter toutes lésions, mais reste très compliquée à travailler chez les enfants car nécessitant un travail de proprioception assez fin et bien mené, qui peut paraître barbant pour les enfants.

COMPORTEMENTS OBSERVES
  • l’élan :
    • Chez le débutant :
      • il s’organise pour sauter uniquement,
      • il diminue sa vitesse à la fin de sa course d’élan,
      • il a tendance à poser le talon, ce qui freine la foulée,
      • il a tendance à automatiser une forme : tir sur un appui par exemple, et lui faire changer, est très long si nous n’y prêtons pas attention.
    • Chez l’expert :
      • deux appuis brefs et rapides à un légèrement plus long et puissant : « tata-tam ».
      • le centre de gravité s’abaisse sur l’avant dernier appui, tandis que l’avant dernière foulée s’allonge. Les appuis prennent de l’avance par rapport aux épaules (inclinaison vers l’arrière de l’axe du cors)
  • l’impulsion :
    • Chez le débutant :
      • il a tendance à sauter debout,
      • il abaisse son centre de masse à la préparation de l’impulsion,
      • il regarde la zone au moment de l’impulsion ce qui nuit à la prise d’informations et, certainement à l’organisation motrice (fait de ne pouvoir se grandir qu’en retard).
    • Chez l’expert :
      • les forces sont correctement transmises sur un corps gaîné,
      • le sol redonne la force, il n’y a pas de perte d’accélération,
      • l’impulsion est réalisée sur le dernier appui, en avant du reste du corps, qui permet de restituer la force acquise vers le haut.
  • la suspension :
    • Chez le débutant :
      • la phase de suspension n’existe pas,
      • le corps est déséquilibré (souvent vers l’avant),
    • Chez l’expert :
      • le corps est équilibré en l’air et ce, même pendant le tir.
  • la réception :
    • Chez le débutant :
      • elle est réalisée sur des jambes tendues,
      • elle ne permet pas un enchaînement rapide de tâches (réception / course pour se replacer en défense).
    • Chez l’expert :
      • Utilisation de la chute quand cela est nécessaire (quand déséquilibre),
      • Le reste du temps l’équilibre global permet un enchaînement rapide des actions.

CONTRAINTES RÈGLEMENTAIRES ET SOCIALES
L’enfant a tendance à se focaliser sur la zone
Il systématise l’utilisation du dribble jusqu’au bord de la zone ce qui le contraint à s’arrêter (règle des 3 pas dribble 3 pas) ou avoir des difficultés à s’organiser pour lancer équilibré.

CONNAISSANCE TECHNIQUES ESSENTIELLES POUR L’ENFANT
  • l’élan :
    • le joueur doit être « grand » même si sur le passage au dernier appui, il est possible de s’abaisser un peu,
    • le pied d’impulsion se pose fermement avec une action rapide, lui évitant de rester coller au sol et de freiner l’action d’impulsion,
    • le genou de la jambe de poussée est orienté vers le bas.
L’intention est de créer de la vitesse pour la restituer lors de l’impulsion.
  • l’impulsion :
    • garder une posture droite et une attitude « fière » :
      • le pied est planté au sol avec un mouvement de déroulement rapide,
      • le genou de la jambe libre est envoyé vers le haut pour aider à l’impulsion, puis se déplace latéralement pour favoriser l’ouverture du bassin nécessaire à l’armer (dans le cas où le bras est déjà armé, le genou ira vers le haut et le côté),
      • le bras libre est envoyé vers le haut pour aider à l’impulsion, le bras porteur peut faire de même si la balle n’était par armée avant l’impulsion,
      • l’armer de balle, s’il n’est pas fait avant, peut aider à l’impulsion.
  • la suspension :
    • avant de lancer, le joueur doit avoir une posture équilibrée, à partir d’un bras porteur de balle  en arrière et haut pour avoir un trajet de lancer le plus long possible,
    • pendant le lancer, jusqu’à la fin, les segments libres assurent l’équilibre du corps global par le biais de mouvements à ceux en déplacement.
  • la réception :
    • la réception doit se faire sans bruit, signe d’un bon amorti (action de la flexion des genoux et de l’amorti au niveau du pied).